Citation Durkheim

2 août 2008

Dans l’état actuel de nos connaissances, nous ne savons pas  avec certitude ce que c’est que l’Etat, la souveraineté, la liberté politique, la démocratie, le socialisme, le communisme, etc., la méthode voudrait donc que l’on s’interdit tout usage de ces concepts, tant qu’ils ne sont pas scientifiquement constitués. Et cependant les mots qui les expriment reviennent sans cesse dans les discussions des sociologues. On les emploie couramment et avec assurance comme s’ils correspondaient à des choses bien connues et définies, alors qu’ils ne réveillent  en nous que des notions confuses, mélanges indistincts d’impressions vagues, de préjugés et de passions. Nous nous moquons aujourd’hui des singuliers raisonnements que les médecins du Moyen Age construisaient avec les notions du chaud, du froid, de l’humide, du sec, etc., et nous ne nous apercevons pas que nous continuons à appliquer cette même méthode à l’ordre de phénomènes qui le comporte moins que tout autre, à cause de son extrême complexité.

DURKHEIM, E. (1988). Des règles de la méthode sociologique, Paris, Flammarion (254 p.)


Citation : Durkheim Faits sociaux

2 août 2008

Au moment où un ordre nouveau de phénomènes devient objet de science, ils se trouvent déjà représentés dans l’esprit, non seulement par des images sensibles, mais par des sortes de concepts grossièrement formés. (Durkheim, 1988, p. 108)

DURKHEIM, E. (1988). Des règles de la méthode sociologique, Paris, Flammarion (254 p.)


Citation du jour : Fait social par Durkheim

2 août 2008

Est fait social toute manière de faire, fixée ou non, susceptible d’exercer sur l’individu une contrainte extérieure ; ou bien encore, qui est générale dans l’étendue d’une société donnée tout en  ayant une existence propre, indépendante de ses manifestations individuelles. (Durkheim, 1988, p. 107)

DURKHEIM, E. (1988), Les règles de la méthodes sociologiques, Paris, Flammarion ( 254 p.)


Citation du jour : Emile Durkheim, choses et représentations

2 août 2008

Qu’est-ce en effet qu’une chose ? La chose s’oppose à l’idée comme ce que l’on connaît du dehors s’oppose à ce que l’on connaît du dedans. Est chose tout objet de connaissance qui n’est pas naturellement compénétrable à l’intelligence, tout ce dont nous ne pouvons nous faire une notion adéquate par un simple procédé d’analyse mentale, tout ce que l’esprit ne peut arriver à comprendre qu’à condition de sortir de lui même, par voie d’observations et d’expérimentations, en passant progressivement des caractères les plus extérieures et les plus immédiatement accessibles aux moins visibles et aux plus profonds. Traiter des faits d’un certains ordre comme des choses, ce n’est donc pas les classer dans telles ou telles catégorie du réel; c’est observer vis-à-vis d’eux une certaine attitude mentale. C’est en aborder l’étude en prenant pour principe qu’on ignore absolument ce qu’ils sont, et que leurs propriétés caractéristiques, comme les causes inconnues dont elles dépendent, ne peuvent être découverte par l’introspection même la plus attentive. (Durkheim, 1988, p. 77)

Mais dés qu’il s’agit de faits proprement dits, ils sont nécessairement pour nous, au moment où nous entreprenons d’en faire la science, des inconnus, des choses ignorées, car les représentations qu’on a pu s’en faire au cours de la vie, ayant été faites sans méthodes et sans critique, sont dénués de valeur scientifique et doivent être tenues à l’écart. (Durkheim, 1988, p.78)

DURKHEIM, E. (1988). Les règles de la méthodes sociologiques, Paris, Flammarion (254 p.)


L’année sociologique

28 juillet 2008

Revue fondée par Emile Durkheim
Fondée en 1897
Semestrielle
Publiée de 1897 à 1925
Publiée de 1934 à 1942 sous le nom d’annales Sociologiques
Publiée depuis 1945 sous le nom de L’année sociologique

Objectifs de la revue

Emile Dukheim explique dans la préface que le but de cette revue n’est pas de faire une revue de la littérature proprement sociologique, mais de présenter les matériaux des autres sciences nécessaires à l’activité du sociologue.

Dans une première partie la revue montre quelques exemples de la mise en œuvre de ses matériaux. Ce sont les mémoires originaux. Dans une seconde partie, la revue présente les différents matériaux selon un ordonnancement complètement hiérarchisé. Ce sont les analyses et les notices.

Organisation du premier numéro de la revue en 1897
Préface par Emile Durkheim

I/ Mémoires originaux

  • La prohibition de l’inceste et ses origines par Emile Durkheim
  • Comment les formes sociales se maintiennent par Georg Simmel

II/ Analyses et notices bibliographiques

Première section : Sociologie générale

I/ Sociologie philosophique
II/ Sociologie biologique
III/ Sociologie psychologique et spécifique

Deuxième section : Sociologie religieuse

I/ Traité généraux, philosophie, méthode
II/ Religions primitives en général
III/ Culte domestique
IV/ Croyance et pratiques concernant les morts
V/ Cultes populaires en général, plus particulièrement agraire
VI/ Le rituel
VII/ Mythes
VIII/ Organisation du culte monachisme
Notices diverses sur les grandes religions en général

Troisième section : Sociologie morale et juridique

I/ Théories générales sur le droit et la morale
II/ Etudes objectives sur les moeurs
III/ La famille
IV/ Le mariage
V/ La peine
VI/ L’organisation sociale
VII/ Le droit de propriété
VIII/ Divers

Quatrième section :Sociologie criminelle

I/ La statistique morale
II/ L’anthropologie criminelle

Cinquième section : Sociologie économique

I/ Théories économiques
II/ Les groupements professionnels
III/ Histoire du travail
IV/ L’évolution commerciale

Divers

I/ L’anthroposociologie
II/ La sociogéographie
III/ Questions de démographie

Citations :

Sur la critique :

Notre rôle doit être d’extraire le résidu objectif des oeuvres que nous étudions, c’est-à-dire les faits suggestifs, les vues fécondes, qu’elles soient intéréssantes par leur valeur intrinsèque ou par les discussions qu’elles appellent. La critique doit se faire le collaborateur de son auteur, et son collaborateur reconnaissant; car si peu de choses qui reste d’un livre c’est d’autant d’acquis pour la science.