Citation du jour : Emile Durkheim, choses et représentations

2 août 2008

Qu’est-ce en effet qu’une chose ? La chose s’oppose à l’idée comme ce que l’on connaît du dehors s’oppose à ce que l’on connaît du dedans. Est chose tout objet de connaissance qui n’est pas naturellement compénétrable à l’intelligence, tout ce dont nous ne pouvons nous faire une notion adéquate par un simple procédé d’analyse mentale, tout ce que l’esprit ne peut arriver à comprendre qu’à condition de sortir de lui même, par voie d’observations et d’expérimentations, en passant progressivement des caractères les plus extérieures et les plus immédiatement accessibles aux moins visibles et aux plus profonds. Traiter des faits d’un certains ordre comme des choses, ce n’est donc pas les classer dans telles ou telles catégorie du réel; c’est observer vis-à-vis d’eux une certaine attitude mentale. C’est en aborder l’étude en prenant pour principe qu’on ignore absolument ce qu’ils sont, et que leurs propriétés caractéristiques, comme les causes inconnues dont elles dépendent, ne peuvent être découverte par l’introspection même la plus attentive. (Durkheim, 1988, p. 77)

Mais dés qu’il s’agit de faits proprement dits, ils sont nécessairement pour nous, au moment où nous entreprenons d’en faire la science, des inconnus, des choses ignorées, car les représentations qu’on a pu s’en faire au cours de la vie, ayant été faites sans méthodes et sans critique, sont dénués de valeur scientifique et doivent être tenues à l’écart. (Durkheim, 1988, p.78)

DURKHEIM, E. (1988). Les règles de la méthodes sociologiques, Paris, Flammarion (254 p.)

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